Biographie Messiaen
Olivier Messiaen est né en 1908 Avignon (France). Son père était professeur d'anglais et sa mère, la poétesse Cécile Sauvage, venait de dédier à l'enfant qui allait naître son recueil " l'Ame en bourgeon. " Olivier Messiaen a passé sa première enfance à Grenoble, et les « montagnes du Dauphiné » (…) a t’il déclaré « sont ma vraie patrie ». C'est dans cette région qu'il a écrit presque toutes ses oeuvres, au cours des mois d'été.
A onze ans, il entre au conservatoire de Paris ou il rencontre ses professeurs Jean et NoËl Gallon, George Caussade, Marcel Dupré, Maurice Emmanuel et Paul Dukas. Il obtient cinq Premiers Prix : contrepoint et fugue, accompagnement au piano, orgue et improvisation, histoire de la musique, composition.
Il poursuit, seul, ses études musicales dans d'autres domaines. Il travaille la rythmique hindoue, spécialement les dei-Tlas, ou rythmes provinciaux de l'Inde antique, la métrique grecque, le plain-chant. Il étudie la théologie, la philosophie du Temps et de la Durée.
Il devient l'apôtre du son-couleur, recherchant activement les multiples colorations de tous les complexes de sons possibles. Il fait de l'ornithologie et entreprend une notation musicale de tous les chants d'oiseaux de France. Ils sont classés par habitat et par région : oiseaux des champs, oiseaux des lisières de forts, oiseaux des hautes montagnes, oiseaux des côtes marines, oiseaux des roseaux, des étangs et marais : c'est un travail immense et sans fin, qu’il finit par tendre aux oiseaux du monde entier (Australie, Nouvelle-Calédonie, Israël, etc.…).
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Messiaen et la Meije
Olivier Messiaen a passé sa première enfance à Grenoble ; il aimait se définir comme le "français des montagnes".Son amour pour les hautes montagnes fût fidèle au Haut-Dauphiné, et plus précisément à la Meije, et à la Romanche.
Messiaen acquit dans les années 30 une petite maison sur les bords du lac de Laffrey, à Petitchet. Il y venait pour travailler mais aussi pour écouter le chant des oiseaux. L’atmosphère de La Meije se retrouve dans sa musique, puisque c’est dans cette région qu'il a composé presque toutes ses œuvres.
A partir de 1950, Olivier Messiaen allait chaque année en "pèlerinage" à la Grave (Hautes-Alpes). La première fois, Messiaen avait séjourné à l’hôtel Castillan, composant et faisant les épreuves de correction de gravure de sa célèbre "Turangalila Symphonie". C’est là, en effet qu’il eût l’idée des "Mains de l’abîme" du "Livre d’Orgue"(pièce en trio). En 1953, Olivier Messiaen et Yvonne Loriod -son épouse- firent à pied l’ascension du refuge Chancel, où ils passèrent la nuit.
D’autre part, de nombreuses pages de ses cahiers où il recensait des chants d’oiseaux- font référence à sa présence dans le canton de la Grave. Durant l’été 1965, il s’installa à l’oratoire du Chazelet pour y noter les chants et les cris des Chocards, mais également du grand torrent vers le bois des Fréaux qu’il nommait le torrent “Siegfried”, des contours des montagnes, des glaciers, des ardoises, des couleurs des levers et couchers du soleil, des courbes des vols des oiseaux...
Ces souvenirs glanés ont enrichi les oeuvres du grand musicien : "Les Mains de l’Abîme" et la pièce en trio du "Livre d’Orgue", le "Chocard des Alpes" du catalogue d’oiseaux, l’introduction de "Chronochromie", le "Terribilis est locus iste" de la Transfiguration sont de magnifiques illustrations de nos paysages français.
L’ultime preuve du très grand attachement d’Olivier Messiaen à nos montagnes réside dans l’œuvre "Et Expecto Ressurectionem Mortuorum" de 1965, composée en contemplant la Meije et commandée par A. Malraux. Son souhait est exprimé comme suit : "J’ai désiré l’exécution d’Et Expecto en plein air dans la Haute Montagne à la Grave, face au glacier de la Meije, dans ces paysages puissants et solennels qui sont ma vraie patrie."
C'est de cette volonté d'Olivier Messiaen que le festival est né, afin de rendre hommage au compositeur.