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21h00

Roger Muraro Fanny Robilliard Patrick Messina Raphaël Pidoux

Roger Muraro, piano
Fanny Robilliard, violon
Patrick Messina, clarinette

Raphaël Pidoux, violoncelle


Gabriel Fauré, Elégie, pour violoncelle et piano op. 24

Robert Schumann, 3 Fantasiestücke, pour clarinette et piano op.73

Claude Debussy, Sonate, pour violon et piano

Olivier Messiaen,
Variations sur "Au clair de la lune" - INÉDIT
Quatuor pour la fin du temps


Le Quatuor pour la fin du temps à été écrit alors qu'Olivier Messiaen était en détention au Stalag VIII-A à Görlitz en 1940. Le compositeur raconte ainsi le contexte émouvant de la création de cette œuvre :
" Il faut vous dire que se trouvaient en même temps que moi, au même stalag, le clarinettiste Henri Akoka, le violoniste Jean le Boulaire et le violoncelliste, très célèbre, très connu, Étienne Pasquier, qui faisait partie de Trio Pasquier. Alors j'ai écrit pour eux et pour moi-même qui devais tenir la partie de piano, ce quatuor pour violon, clarinette, violoncelle et piano. (...) Mais je ne l'ai pas entendu, sauf trois jours avant ma libération : les officiers allemands ont décidé, puisque j'avais fait cette œuvre en captivité, qu'on allait la donner pour les camarades de captivité. Alors on a réuni, dans un immense bloc, malgré le froid intense, 10 000 personnes de toutes les classes de la société, des ouvriers, des prêtres, des médecins, des directeurs d'usine, des professeurs de lycée, enfin des gens de tous genres et de tout poil, et on a donné pour eux ce quatuor. Moi, j'avais un piano droit dont les touches s'enfonçaient et ne voulaient pas se relever. Quand j'avais fait une trille, il fallait que je reprenne les touches à la main pour qu'elle remarchent. Le pauvre Akoka avait une clarinette dont l'une des clefs avait fondu à côté d'un poêle, et le pauvre Pasquier jouait sur un violoncelle à trois cordes. Heureusement, il avait l'ut grave. Sans cela il n'aurait pas pu jouer du tout.
Eh bien malgré ces circonstances abominables, nous avons joué et je ne sais pas si le public a compris, parce que ce n'était pas des connaisseurs en musique, mais c'était des gens malheureux comme nous. Ils ont été tout de même touchés parce qu'ils étaient malheureux et que nous étions aussi malheureux et que c'était une œuvre faite par un compagnon de captivité, et ça a été, je crois, le plus beau concert de toute mon existence."